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 Enquête : La prostitution

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etat de droit-democratie
Loona Tik


Nombre de messages : 128
Localisation : Clermont-Ferrand (France)
Date d'inscription : 23/01/2006

MessageSujet: Enquête : La prostitution   Ven 12 Mai à 20:59

Enquête : La prostitution


Au cœur du vieux métier

A en croire certaines pratiquantes, la prostitution serait le moyen le plus simple et le plus sûr pour se faire les poches. Malgré les dangers qu’elle représente, les candidates à la prostitution sont chaque jour plus nombreuses à entrer dans le monde du plaisir qui pourtant, si on ne sait pas s’y prendre, expose aux nombreuses maladies. Mais, quels sont donc, les mobiles qui poussent les jeunes filles à se laisser aller si facilement vers ce vieux métier au lieu d’autres métiers plus nobles ? Comment procèdent-elles ? Obtiennent-elles gain de cause dans leur aventure périlleuse ?

Il ne se passe pas un seul jour dans les grandes mégapoles du Congo, Brazzaville et Pointe-Noire particulièrement, sans apprendre qu’un brave citoyen a été victime d’un «lynchage sexuel» par les combattantes du sexe. Les scènes sont devenues monnaie courante et n’émeut plus le commun des citoyens. A Brazzaville, certaines zones sont érigées en porte- étendard dans cette pratique : à Bacongo dans la rue Jeanne d’Arc et au marché Mabouaka ; Nganda ba soso, couloir Madia Nkoko, au bord de la Seine (au bord du ruisselet Madoukou) à Poto-Poto et Moungali ; Porte blanche, Terminal à Ouenzé ; l’avenue des seizième (dites des fioti-fioti) au Plateau des 15 ans. Le quartier Diata a aussi sa zone où les prostituées sont visibles et actives, l’avenue de la piscine où les jeunes filles congolaises (RDC et Congo) pour diverses raisons s’adonnent fébrilement à la prostitution, pour subvenir à leurs besoins selon celles que nous avions abordées.

La principale raison du choix de leur besogne, ont affirmé la plupart d’entre elles, est la dégradation du tissu socio-économique, c’est-à-dire, la pauvreté, la faim, le désespoir, la misère, la lutte pour la survie qui les a poussé à pratiquer la prostitution. Une infime minorité y est arrivée par la seule envie de découvrir, par simple goût de l’aventure puis, l’habitude s’est vite installée.

Les différents rapports du PAM (Programme Alimentaire Mondial) publiés sur la République du Congo, viennent corroborer notre argumentaire : «Le citoyen congolais moyen continue de vivre en dessous du seuil de la pauvreté, il vit en dessous d’un dollar américain par jour.» Ceci, explique assurément cette ruée des jeunes filles vers ce vieux métier.

A Brazzaville, c’est à 17 heures, que les alentours des lieux de la prostitution cités plus haut commencent à recevoir leur beau monde. Elles sont pour la plupart, moulées dans des tenues sexy qui mettent en relief les parties intimes de leur corps pour «biper» et conquérir même, les cœurs des plus réfractaires. Le «bipage» est une véritable arme fatale ou de destruction massive qui a fait ses preuves. Il est leur meilleur appât pour faire tomber sans la moindre résistance, les candidats à la folle aventure. Elles sont sans scrupule et sans pudeur.

Elles sont de tous les âges. On en a rencontré des minettes d’à peine quinze ou seize ans, mais, celles-ci ont les arguments et les gestes pour la conquête du client à qui pour le rassurer si elles perçoivent une petite hésitation, lâchent avec tendresse et affection : «Moké eza âge té», comprendre : la taille ne fait pas l’homme. Elles sont en majorité brunes disons fortement décapées.

L’histoire des couloirs du sexe a montré que les hommes à Brazzaville raffolent des femmes brunes (de nature ou par décapage). Dans tout ça, pourquoi la Police n’applique-t-elle pas avec rigueur, la loi Portella sur le vagabondage des mineurs ?

Comment elles s’y prennent ? Mapela, la vingtaine révolue explique : «Quand l’homme a mordu à mon appât, je l’accueille avec les mots qu’il faut : comment vas-tu ? Ne sens-tu pas la fraîcheur ? N’as-tu pas envie de grimper sur le cheval ? Je suis là pour toi, même sans argent…». Mais tenez-vous bien, le reste se réclame après.

La prostitution est un véritable commerce qui a ses techniques. A Bacongo, deuxième arrondissement de Brazzaville où opèrent les recrues du métier, les fioti-fioti (très jeunes filles) dans le jargon du domaine, Flore accepte de témoigner sur notre insistance : «Je n’avais jamais réalisé qu’un jour, je pouvais faire ce que je fais aujourd’hui. La mort de mon père et l’état de santé de ma mère m’ont contrainte d’abandonner mes études et de me livrer à la prostitution. Avec l’argent que je gagne, j’assure les frais de scolarité de mes frères et sœurs, je m’habille, je paye mon loyer, j’équipe notre maison. Je suis très exigeante. Je choisis toujours des hommes qui roulent carrosse. Pour ma santé, je n’y vais pas les yeux fermés, j’exige toujours la capote, cela va de ma vie.»




Le prix de l’aventure. La moisson n’est pas toujours fructueuse. Il y a des jours où les clients sont rares. Quand les lieux sont saturés, il arrive à plusieurs d’entre elles de rentrer bredouilles.

Beya, qui y a roulé sa bosse pendant près d’une décennie certifie : «Au départ, quand j’allais avec deux ou trois hommes dans la journée, je pouvais me retrouver avec 25.000 voire 40.000 F.CFA. Avec la conjoncture actuelle, il y en a qui ne proposent à peine qu’un «petit mille francs», rarement 2000 F.CFA après une belle et longue joute oratoire.»

Elles n’ignorent pas les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH/SIDA. Félie, citoyenne de la RD.Congo, très réputée du côté du Couloir Madia Nkoko à Moungali, applique les conseils prodigués par les sages femmes et les Associations qui luttent contre ces maladies. Elle reconnaît qu’ils sont d’une importance capitale. C’est pourquoi, à chaque rapport sexuel, elle ne va pas vite en besogne. Elle exige d’abord de son partenaire, le port du préservatif.

Soucieux de préserver la jeunesse, couche de la société la plus vulnérable et la plus exposée, le gouvernement congolais, a institué depuis le 27 août 2004, un organe de lutte contre le VIH/Sida, le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), qui a pour mission de sensibiliser et de mobiliser les populations autour de la pandémie.

Le Dr Marie-Francke Purehnce, Secrétaire exécutive de l’Institution apprécie : «Grâce à nos actions, les populations, les jeunes commencent à prendre conscience sur l’existence du VIH/Sida. Je me réjouis, après un test réalisé auprès de 120 jeunes lycéens sur le VIH/Sida, tous ont été déclarés négatifs. Nous devons encore multiplier les efforts.»

Malgré l’invite à la reconversion par certains Serviteurs de Dieu à l’endroit de ces jeunes filles et la traque de la Police, organisée dernièrement par le directeur général de la Police nationale, lui-même du côté de Moungali qui est devenu le grand bastion de la prostitution au Congo, les prostituées ne démordent pas.

Nadé, l’une des victimes de la traque souligne après sa sortie du Commissariat : «Nous y sommes déjà, nous ne pouvons plus sortir de là, c’est une affaire de vie ou de mort (…)» D’ailleurs : «il est vraiment difficile pour nous de trouver un métier qui puisse facilement nous rapporter de l’argent pour vivre», renchérit-elle.

Détruire ces endroits, serait à n’en point douter, contraindre au chômage ces filles habituées à l’argent facile.

Freddy, un jeune homme de 24 ans qui «tire son pied» de temps à autres auprès de ces jeunes dames serait bien malheureux : «Avec ces filles, je dépense moins et j’ai moins de problèmes. Détruire ces endroits, serait une grave erreur de la part de nos responsables. Ces temps-ci, il est mieux de vivre avec une prostituée, elle prend moins de temps et n’encombre pas.»

Pourquoi avoir eu l’initiative de détruire ces foyers de prostitution pollués par des odeurs de boissons et de drogues ? Un adjudant de Police qui a requis l’anonymat, pense que, détruire les foyers de prostitution serait salutaire : «Il suffit de passer entre 20 heures et 24 heures sur l’Avenue Marien Ngouabi à Moungali ou à Poto-Poto pour vivre le spectacle désolant auquel se livrent ces filles. Cela, ne donne pas une bonne image de notre ville capitale.»

Véritable commerce, le vieux métier a aussi servi de tremplin à certaines femmes pour gagner dignement leur vie et devenir des honnêtes responsables de familles. Nous nous sommes intéressés au cas patent de Geneviève aujourd’hui, grande dame d’affaires sur la place de Brazzaville : «Je visais autre chose. Un jour, j’ai fait connaissance d’un homme, un blanc qui, après m’a tendu contre toute attente un chèque de 3.000.000 de F.CFA. Alors, j’ai béni le Seigneur et j’ai décidé d’abandonner cette voie pour faire du commerce. Le résultat est là. Personne ne sait, sinon que moi-même ce qu’a été mon passé. Dieu a le destin de chacun de nous. Au bout d’une aventure périlleuse peut se cacher le bonheur, la réussite...» cherry
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